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Cette journée d’étude a cerné, de façon théorique et conceptuelle, les différents aspects de la notion individuelle d’affect, leurs applications aux migration studies, leurs manifestations possibles dans le cas des trans-migrants. Elle nous a également permis de définir les étapes suivantes du projet ILA2, selon les axes retenus.

Pour tenter d’appréhender l’expérience personnelle, le vécu des individus, leur ressenti face à la mobilité trans-colonies/empires/nations et le possible sentiment de déracinement, nous avons abordé les enjeux posés par les travaux portant sur l’histoire des mentalités dans les Amériques (Rob Boddice, History of Emotions, 2018 ; Ute Frevert, Emotions in history. Lost and Found, 2011 ; Pilar Gonzalbo, Amor e historia. La expresión de los afectos en el mundo de ayer, 2013 ;  Pablo Escalante Gonzalbo, Historia de la vida cotidiana, 2004). À travers les émotions, il s’agit en effet de comprendre des réalités qui ont pu échapper aux désormais traditionnelles migration studies, en tentant de comprendre l’expérience humaine transnationale. 

Au-delà des obstacles, biais et limites de leur expression, les émotions peuvent être porteuses de nouvelles approches pour cerner la relation entre le « Ici » et le « Là-bas » du projet ILA. Nous pouvons utiliser la notion de Pathosformel forgée par Aby Warburg en 1905 dans le domaine de l’histoire de l’art. Ces « formules d’émotion » révélaient les sources antiques présentes dans les images modernes, mais montraient aussi comment ces sources étaient reprises et reformulées. Ne pourrions-nous pas songer à mobiliser ce Pathosformel dans le cas de la possible reformulation d’émotions associées à la supposée culture de départ – ou vécues comme telles – dans la culture d’accueil, des émotions toujours présentes mais travaillées/censurées comme pour être rendues « compatibles » avec les régimes émotionnels de la culture d’accueil ? On le voit, les émotions doivent être replacées dans les interactions sociales avec la société d’accueil mais aussi au sein du groupe duquel le sujet est originaire, dans des adaptations, négociations et échanges avec les normes dominantes, normes dont elles fonctionnent aussi comme le révélateur.

Journée d'étude
Le 7 mai 2021
Avec le concours de l'IdA
Université Bretagne Sud

RT Pôle Nord-Est : Le transnationalisme par ses acteurs

2021-2023

Le pôle Nord-est de l'IdA finance des Réseaux thématiques (RT) visant à favoriser des initiatives de recherche permettant de mieux dialoguer entre disciplines et entre collègues spécialistes des différentes aires géographiques des Amériques. Structurés autour d'un thème abordé dans une perspective trans-Amériques et pluridisciplinaire, ils sont portés par au moins 2 collègues rattachés à au moins 2 établissements différents du pôle et spécialistes de l'Amérique du nord et de l'Amérique latine.

Le projet ILA2 analyse l’impact du transnationalisme dans l’aire des Amériques et dans les pays de départ ou d’arrivée des mouvements transnationaux, en expertisant l’expérience individuelle des acteurs du transnationalisme. Il s’agit de porter la focale sur la dimension subjective, le regard des colons ou migrants sur eux-mêmes et sur leur expérience. ILA2 est pensé comme le prolongement de la réflexion autour des notions de Life course et de Marginal Man, abordées dans le cadre d’un projet ILA COMUE UPL (2019-2021), pour expertiser la vision personnelle et rétrospective, la dimension éminemment subjective de l’« expérience de vie » transnationale.

ILA2 se penche sur les stratégies, sur les efforts et/ou réticences pour intégrer la société d’accueil, sur les différentes émotions qui ont commencé à être abordées par l’étude des sentiments dans nos premiers travaux traitant du trans-migrant comme « homme marginal » (ILA COMUE UPL). Fondé sur des autobiographies, des mémoires, des lettres et toutes les sources relevant des égo-documents, outre les documents d’archives (archives des compagnies maritimes, archives municipales, etc.), ILA 2 cherche à mettre en exergue le vécu des individus en situation de mobilité transnationale, à étudier leurs émotions, leurs espoirs et déceptions. Le projet s’inscrit donc également, de ce point de vue, dans l’histoire des sentiments.

Le projet est porté par trois enseignants-chercheurs des disciplines diverses des sections CNU 11 et 14 et affiliés à des trois institutions différentes (Université Paris 8, Université Paris Nanterre et UBS-Université Bretagne Sud), à savoir:

  • Marie-Christine Michaud
  • Bertrand Van Ruymbeke 
  • Emmanuelle Sinardet

Contact: Emmanuelle Sinardet: esinardet@parisnanterre.fr

Université Paris Nanterre - Bâtiment Max Weber, salle des séminaires
Le 1er avril 2022
Université Bretagne Sud
Le 3 décembre 2021
Organisateurs
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