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Retour sur la conférence "Gender, Indigeneity and Migration"

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Conférence "Gender, Indigeneity and Migration"

Le mercredi 16 juin 2021, le pôle Washington de l’Institut des Amériques a organisé une conférence virtuelle intitulée « Gender, Indigeneity and Migration », en partenariat avec le groupe de recherche « Missing and Murdered Indigenous Women » (MMIW) de Georgetown University dirigé par Bette Jacobs. Cette conférence s’est inscrite dans la lignée directe de deux événements précédemment organisés par le pôle, autour de la crise des femmes autochtones disparues et assassinées en Amérique du Nord (voir Deux conférences pour penser la crise des « Missing and Murdered Indigenous Women and Girls » au Etats-Unis et au Canada). Cet événement a été possible grâce à l’obtention, par la coordinatrice du pôle et Bette Jacobs, d’une bourse de recherche décernée par l’Arts and Humanities Initiative de Georgetown University.

Durant près de trois heures, les panélistes et les membres du groupe de recherche MMIW ont ainsi abordé la difficile question des violences plurielles et multiples auxquelles sont confrontées les femmes autochtones qui migrent de l’Amérique Centrale vers l’Amérique du Nord, notamment les États-Unis. En effet, en Amérique Centrale, les conséquences de la colonisation et les inégalités systémiques modernes continuent de menacer les droits fondamentaux de nombreuses femmes autochtones. Nombre d’entre elles doivent alors échapper à la violence, à la pauvreté, à l’absence d'opportunités, aux discriminations, en se déplaçant vers une autre région, en migrant vers un pays voisin, ou en traversant la frontière – ou plutôt, les frontières – vers les États-Unis. Pourtant, peu d’études se sont véritablement attelées à la compréhension des problématiques spécifiques qu’elles rencontrent tout au long du processus de migration, en particulier par le prisme de leur agentivité (agency). Tandis que la sous-représentation discursive, académique et politique des femmes autochtones rend invisibles leurs expériences spécifiques, l’objectif de cette conférence était ainsi d’explorer les intersections entre migration, genre et autochtonie, afin de comprendre les facettes multiples des trajectoires des femmes autochtones et migrantes. 

La première panéliste et représentante du pôle Washington de l’IdA, Laura Cahier, a commenté les apports d’une étude de cette problématique ancrée dans les récits des femmes autochtones migrantes, à partir des travaux de Shannon Speed et de son ouvrage Incarcerated Stories: Indigenous Women Migrants and Violence in the Settler-Capitalist State (2019). La seconde panéliste, la Professeure de droit Alexandra Xanthaki, a ensuite présenté les standards internationaux relatifs à la protection des droits fondamentaux des femmes autochtones migrantes, tout en soulignant les défis et difficultés qui se posent dans leur application concrète. La dernière panéliste, Juanita Cabrera Lopez, militante Maya Mam et directrice de l’International Mayan League à Washington D.C., a présenté les trajectoires de femmes mayas du Guatemala, forcées à migrer vers les États-Unis afin d’échapper aux violences systémiques qui sévissent dans le pays. Elle a notamment exposé les résultats d’une recherche conduite à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, dans plusieurs centres de détention. Ces derniers témoignent des violences plurielles et discriminations multiples auxquelles sont confrontées les femmes autochtones à la frontière, telles que l’impossibilité de parler une langue maya aux garde-frontières ou aux agents de douane états-uniens.

À la suite de ces présentations, un échange a eu lieu entre les autres membres du comité de recherche MMIW de Georgetown University, les panélistes et les quelques 120 participant.e.s. Laura Cahier et Bette Jacobs travaillent actuellement autour de la retranscription de cette conférence, dans l’objectif d’aboutir à une publication dans les prochains mois. Par ailleurs, le groupe de recherche MMIW de Georgetown University prévoit de continuer ses activités, notamment en organisant d’autres conférences dès 2022 afin d’explorer plus en profondeurs les liens entre genre, autochtonie et migration, avec pour objectif final l’élaboration de recommandations juridiques et politiques.

 

Programme de l’événement 

“Indigenous Women Narratives on Migration”

Laura Cahier, PhD student in International Law, Center for International and European Studies and Research, University of Aix-Marseille Representative of the Institute of the Americas 

  “International Law and Indigenous Peoples: Migration and Gender Issues”

Alexandra Xanthaki, Professor at Brunel Law School University London Leader in Indigenous Rights in International Law 

“Advocacy and Stewardship to Honor Our Ancestors “

Juanita Cabrera Lopez, Executive Director, International Mayan League


 

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Dernière mise à jour le 01/09/2021 - 15:10