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Parution de "Politique américaine" numéro 33

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10/01/2019

Revue publiée en partenariat avec l’Institut des Amériques

La revue "Politique Américaine", qui est classée par le HCERES comme revue de "rang A" en science politique (revue à comité de lecture), publie son numéro 33, "Le débat stratégique américain contemporain: état des lieux", sous la direction de Jean-Loup Samaan (Professeur associé en études stratégiques, Collège de défense national des Émirats Arabes Unis). Revue publiée en partenariat avec l'IdA.

Site de la revue: http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=revue&no=881
CAIRN: http://www.cairn.info/revue-politique-americaine.htm

Éditorial - Alexandra de Hoop Scheffer (German Marshall Fund of the United States) et François Vergniolle de Chantal (Université Paris Diderot).

Introduction - Jean-Loup Samaan (Professeur associé en études stratégiques, Collège de défense national des Émirats Arabes Unis).
 

Les Etats-Unis et l'Alliance Atlantique - Maya Kandel (Chercheuse associée - CREW, Paris 3).

Les grands tournants de l’histoire de la politique étrangère américaine correspondent souvent à des évolutions fondamentales dans la relation des États-Unis à l’Europe, plus précisément à des évolutions dans le rapport de puissance transatlantique. La principale rupture si l’on considère le temps long du rapport au monde des États-Unis correspond à la Seconde Guerre mondiale : la relation transatlantique, au sens contemporain du terme, née d’un ensemble d’institutions liant les États-Unis à une grande partie des pays européens, naît également à cette époque, en particulier avec la création de l’OTAN en 1949. L’Alliance atlantique a été créée dans le contexte du début de la guerre froide, pour faire face à la menace soviétique. Ce simple fait est nécessaire à rappeler puisqu’il explique pourquoi, malgré les multiples crises qu’avait traversées l’OTAN pendant les quatre premières décennies de son existence, la crise de l’organisation depuis la fin de la guerre froide est évidemment plus profonde. La question qui se pose aujourd’hui concerne toujours les mêmes deux obstacles existentiels à l’OTAN, réticence américaine à demeurer dans une alliance contraignante (du fait de l’Article 5) et divisions européennes. Or ces deux obstacles, loin de se résorber, n’ont cessé de se renforcer l’un et l’autre depuis la fin de la guerre froide, jusqu’à prendre une ampleur nouvelle depuis 2016 en raison des propos du candidat républicain et désormais président américain Donald Trump, qui a qualifié l’OTAN d’« obsolète ».

 

L'Asie-Pacifique dans le débats stratégique américain. Obama, Trump et la montée de la Chine - Hugo Meijer (CERI - Sciences-Po).

Au vu de l’importance croissante de l’Asie-Pacifique dans le débat stratégique américain, cet article vise à mettre en évidence les principales lignes de continuité et de rupture entre les politiques de défense des administrations Obama et Trump dans cette région et, en particulier, vis-à-vis de la montée en puissance de la Chine. Pour ce faire, il propose une comparaison systématique des principaux éléments constitutifs de la politique de défense américaine en Asie-Pacifique sous les deux présidences : leurs perceptions de la menace vis-à-vis de la Chine ; les objectifs politiques qui en découlent ; et la manière dont ces objectifs se sont concrétisés dans la (re)définition des alliances et des coopérations de défense ainsi que des capacités militaires-technologiques déployées en Asie-Pacifique. À cette fin, l’article mobilise un large éventail de sources primaires, y compris soixante quinze entretiens semi-directifs menés avec de hauts responsables américains. Ce qui émerge de cette analyse est que, au-delà des slogans électoraux et des aléas de la « diplomatie de twitter », la politique de défense de l’administration Trump en Asie-Pacifique s’inscrit dans une évolution cumulative de long terme plus que dans une discontinuité radicale.

 

La dissuasion nucléaire américaine et le retour de la compétition stratégique - Corentin Brustlein (directeur du Centre des études de sécurité de l’Institut français de relations
internationales).

Dès son arrivée au pouvoir, Donald Trump a demandé au Pentagone de conduire une révision de la posture nucléaire américaine. Après s’être initialement distinguée par un discours ambitieux dans le domaine du désarmement nucléaire, l’administration Obama avait durci sa posture à partir de 2014 et initié une modernisation de l’arsenal, en réponse à l’aggravation des tensions avec la Russie, la Chine et la Corée du Nord. Nonobstant les propos du nouveau président, la Nuclear Posture Review de 2018 se caractérise par une grande continuité, bien que préparant l’entrée dans une ère de compétition stratégique entre grandes puissances. Réaffirmant la place de l’arme nucléaire dans la stratégie américaine, ces orientations doctrinales renouent en outre avec une conception voyant dans la supériorité militaire le principal moyen d’assurer la sécurité des États-Unis.

 

Les Etats-Unis au défi des guerres irrégulières - Elie Tenenbaum (Centre des Études de Sécurité de l’IFRI).

La guerre irrégulière est une forme de conflictualité qui hante la grande stratégie et la politique de défense des États-Unis malgré leurs efforts pour s’y soustraire. Les attentats du 11 septembre 2001 et les opérations militaires qui suivirent en Afghanistan, en Irak et ailleurs avaient ouvert un nouveau « cycle irrégulier » placé sous le sceau de l’interventionnisme et d’un renouveau de la contre-insurrection – doctrine abandonnée depuis la guerre du Vietnam – qui atteint un apogée à la fin du mandat de George W. Bush. L’arrivée de Barak Obama devait annoncer un certain reflux, marqué par la volonté de se désengager d’Irak, puis d’Afghanistan et de renforcer les partenaires locaux, plus à même de peser sur ces conflits complexes. Ce projet d’architecture de sécurité va pourtant s’effondrer sous les coups des printemps Arabes, du renouveau djihadiste et des stratégies « hybrides » par la Russie, la Chine et l’Iran. Face à cet imbroglio, la nouvelle administration Trump tempête et hésite, balançant entre une rhétorique de désengagement et une pratique de redoublement des efforts.

 

Genèse d’une culture stratégique américaine autonome. Le prisme des Principles of War et de leur développement doctrinal - Olivier Zajec (Université Lyon 3).

La culture stratégique des États-Unis, influencée par Jomini plus que par tout autre théoricien, les a menés à développer une vision spécifique des « principes de la guerre », révélatrice de leur approche singulière des opérations et de l’emploi de la force dans les relations internationales. En décembre 1921, dans le règlement Troops Regulations 10-5, les Américains adoptent une première liste officielle de neuf principes : Objectif, Économie des forces, Offensive, Manoeuvre, Unité de commandement, Sûreté, Masse, Surprise et Simplicité. Cette adoption se fait avec enthousiasme, sans doute parce qu’une telle liste normée correspond bien à une gestion scientifique – un management – de l’action de force. Par la suite, cette approche sera critiquée, interrogée et remise en perspective tant par les stratégistes civils les plus influents que par les officiers américains. Pourtant, en un siècle, la liste ne sera paradoxalement jamais modifiée. En revenant sur ces débats, de 1918 à nos jours, cet article propose une relecture de cette résilience conceptuelle paradoxale, en se penchant sur la culture stratégique propre à l’appareil militaire des États-Unis, et un héritage avec lequel l’armée américaine se prépare à affronter les défis opérationnels d’un 21e siècle incertain.

Compte-rendu d'ouvrages (section réalisée sous la direction d'Alix Meyer, Université de Bourgogne).

David Mayhew, The Imprint of Congress, Yale University Press, 2017, 167 p. avec index.

Neda Maghbouleh, The Limits of Whiteness: Iranian Americans and the Everyday Politic s of Race, Stanford University Press, 2017, 248 p.

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Dernière mise à jour le 24/10/2019 - 16:06