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Frontières dans les Amériques: Intégration, sécurité et migrations

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15/09/2020

Appel à contributions – Frontières dans les Amériques – Intégration, sécurité et migrations

Numéro de la Revue IdéAs

CFP in English follows/La PPC en español sigue

Coordinateurs : Anne-Laure Amilhat-Szary (Amérique Latine), Pierre-Alexandre Beylier, Gregory Benedetti, Eric Tabuteau (Amérique du Nord)

Alors que dans le sillage de l’effondrement de l’URSS, de nombreux analystes prévoyaient que le monde avait atteint la « fin de l’histoire » [Fukuyama, 1992] et que les organisations régionales ainsi que les accords de libre-échanges – parmi lesquelles l’Union européenne faisait figure de modèle à suivre, d’exemple d’intégration le plus abouti – étaient le signe de l’avènement d’un monde sans frontières, on se rend compte que, plus de trente ans plus tard, la réalité est bien loin de ces commentaires. On a plutôt assisté à un « retour des frontières » [Amilhat Szary, 2006], [Foucher, 2016], [Ferguson 2017]. L’un des signes les plus parlants est la multiplication des « murs frontaliers » dont le nombre est passé de 15, en 1989, à plus de 60 en 2016 [Vallet, 2016]. Signe d’un phénomène de « rebordering » [Van Houtoum, 2004], [Podescu, 2011], ces murs sont la manifestation d’une « transformation qualitative » des frontières [Ibid, 3]. Cependant, leur retour se fait sous différentes formes, qu’il s’agisse de leur renforcement concret, ou bien du renforcement des activités de contrôle et de surveillance, ou bien encore de leur contestation par des mouvements séparatistes dont les référendums en Catalogne ou au Kurdistan sont les exemples les plus récents. Une nouveauté, c’est que ces processus attribuent aux frontières une fonction de « tri des flux » menant à leur « traitement différencié » [Amilhat-Szary, 2015].

Qu’elles soient contestées, transgressées, transcendées, renforcées ou intégrées, les frontières sont donc au coeur du débat politique. Ce numéro de la revue IdeAs qui s’inscrit dans le sillage du colloque « Frontières dans les Amériques » qui s’est tenu à l’Université Grenoble Alpes en juin 2029, s’intéressera aux frontières dans une ère géographique particulière : le continent américain. Parce qu’elles ont été colonisées par les pouvoirs européens, les Amériques ont de cela en commun que leurs frontières ont été mises en place afin d’« ordonner » le Nouveau Monde [Popescu, 2011, 8]. Plus exactement, elles combinent de façon originale deux formes d’appropriation territoriale, une logique de conquête zonale colonisatrice (frontier) et une volonté de maillage du monde dans une perspective occidentale de l’espace (boundary) [Perrier Bruslé, 2007]. Elles véhiculent donc une dimension exogène qui peut avoir des implications pour les espaces et les communautés qu’elles traversent tant en termes de légitimité que d’identité. Au-delà de leur passé colonial, les Amériques ont, depuis les années 1990, un autre point commun : embrassant les forces de la mondialisation, elles ont mis en place des accords commerciaux que ce soit par le biais de l’ALENA pour l’Amérique du nord ou du MERCOSUR pour l’Amérique du sud, afin de favoriser l’intégration régionale. Et ces accords ont mis en avant une vision particulière de la frontière, une frontière qui apparaît davantage comme une « ressource » et moins comme un « stigmate » [Amilhat-Szary, 2015, 85]. Au niveau local, les acteurs ont parfois un point de vue différencié sur la mise en valeur des territoires « périphériques » où ils vivent et développent des initiatives para-diplomatiques innovantes. Sur un continent, dont certaines régions ont été marquées par des conflits frontaliers récurrents depuis le 19ème siècle et où les frontières sont, pour certaines, aujourd’hui encore contestées, notamment en Amérique centrale, [Medina, 2009, 36-37], l’intégration a été un « facteur de stabilisation » [Medina, 2009, 41] sans gommer les tensions de géopolitique interne qui débordent parfois outre-frontière, mettant en péril la stabilité continentale.

Cependant, les attentats du 11 septembre 2001 – et plus généralement l’émergence d’une menace terroriste internationale, présente en Amérique Latine dès les attentats de Buenos Aires, dans les années 1880 – ont modifié le rôle des frontières, contribuant à leur « refonctionnalisation ». La résurgence d’une Fortress America [Alden, 2008], [Andreas, 2003], [Noble, 2004] a été très largement documentée pour ce qui est des Etats-Unis mais le phénomène de rebordering concerne aussi les frontières latino-américaines de façon néanmoins plus ambivalente puisqu’elles sont prises dans un processus contradictoire de « démantèlement et de construction » [Machado De Olivera, 2009, 19]. Alors que certaines semblent se fermer, en raison de la réponse qu’ont eue certains pays contre le terrorisme, d’autres, au contraire, prennent un chemin inverse d’ouverture, notamment en Amérique centrale [Médina, 2009, 138]. On y lit sur ce continent une politique de réinterprétation originale des grandes tendances de gestion des frontières au niveau mondial, avec par exemple le déploiement d’un appareil de sécurisation des frontières brésiliennes d’une ampleur sans précédent, sans remise en question réelle de la croissance des flux d’échange internationaux, légaux comme illégaux (contrebande, narcotrafic, etc…) [Dorfman et al, 2014], [Dorfman et al, 2017].

Ce numéro de la revue IdeAs souhaite s’intéresser aux deux phénomènes apparemment antithétiques d’intégration et de sécurisation des frontières notamment par le biais de leur impact sur les migrations.

  • Les articles pourront porter sur les différentes politiques mises en place depuis le début des années 2000, notamment en relation avec ce phénomène de rebordering qui est en jeu à l’échelle mondiale. Comment les pays gèrent-ils leurs frontières dans ce nouveau contexte ? Les propositions peuvent aussi bien s’attacher aux dispositifs eux-mêmes qu’à leurs implications pour les relations transfrontalières. Des études de cas ou bien des approches comparatives sont les bienvenues qui tentent notamment, au-delà des synthèses régionales déjà établies, de lier les deux moitiés des Amériques... [Brunet-Jailly, 2007], [Konrad et al, 2008].
  • Les propositions pourront également analyser la façon dont les frontières américaines évoluent, entre ouverture et fermeture, « fonctionnalisation et défonctionnalisation » [Foucher, 1991], [Pradeau, 1994, 16-17] afin d’étudier ces dynamiques à la fois à petite échelle, au niveau de la dyade que forment certains pays, ou bien à plus grande échelle – régionale ou continentale. On s’intéressera notamment aux aspects matériels d’une telle dynamique, et à la façon dont ce processus se territorialise. Les approches historiques qui renouvellent la question du conflit frontalier territorialisé et multiplient les échelles de lecture, proposant des efforts pour faire évoluer les récits nationaux et nationalistes contradictoires, seront également recherchées [Parodi Revoredo et al, 2014].
  • Les contributions peuvent également explorer la question de l’intégration continentale au sein de l’ALENA et du MERCOSUR, mais aussi à l’échelle de l’ensemble des deux Amériques (UNASUR). Où en sont ces ensembles régionaux qui se présentaient comme des modèles dans les années 1990 ? Comment les différents pays membres envisagent-ils leurs relations aux frontières dans ces cadres-là ? Comment les deux phénomènes d’intégration et de rebordering cohabitent-ils ? Quels sont les mouvements de résistance à ces processus, comment s’expriment-ils politiquement et à quelle(s) échelle(s) ?
  • Les traversées des frontières et leur coût humain croissant feront également l’objet d’une attention croisée [De Leon et al, 2015]. Il s’agira à la fois de comprendre les flux intracontinentaux, liés aux mobilités de travail notamment, mais aussi la façon dont les Amériques s’inscrivent dans des stratégies migratoires de grande ampleur, avec des personnes de plus en plus nombreuses qui, par exemple, tentent d’arriver en Amérique du Nord depuis l’Afrique, en traversant l’Atlantique par la vieille route des esclaves puis en tentant leur chance sur des itinéraires de remontée vers le nord longs et périlleux. L’accent sera mis sur les questions de vulnérabilité, des approches de genre étant bienvenues [Tapia Ladino, 2014].
  • Les articles portant sur la frontière canadienne, les frontière sud-américaines ainsi que les dispositifs frontaliers et les questions économiques auront la priorité.

Tout comme le colloque « Frontières dans les Amériques », ce numéro de la revue IdéAs se veut à la fois transdisciplinaire et transversal en faisant appel à la géographie, l’histoire, la science politique, les relations internationales, la sociologie, l’anthropologie et en abordant les Amériques dans leur intégralité. Les auteurs sont également encouragés à adopter des méthodologies pluridisciplinaires et comparatistes.

Date limite d'envoi des propositions : 15 Septembre 2020. Les propositions (en anglais, en français, ou en espagnol) comprendront un résumé de 300 mots environ et une courte notice biographique de 100 mots à envoyer à l’adresse suivante : pierre-alexandre.beylier@univ-grenoble-alpes.fr

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Call For Papers – Borders in the Americas – Integration, Security and Migrations

In the aftermath of the collapse of the Soviet Union, many analysts and experts argued that the world had reached the “end of history” [Fukuyama, 1992] and that regional and local organizations and free trade agreements (among which the European Union appeared to be a model of integration) signaled the emergence of a world without borders. Yet, thirty years later, the reality seems to be altogether different. Today, it is clear that “borders are back” [Amilhat Szary, 2006], [Foucher, 2016], [Ferguson, 2017]. One of the most telling symbols is the multiplication of “border walls”, the number of which increased from fifteen in 1989, to more than sixty in 2016 [Vallet, 2016]. These walls are the manifestation of a “qualitative transformation” of borders [Podescu, 2011] and the symbols of a “rebordering phenomenon” [Ibid, 3], [Van Houtoum, 2004]. However, their return appears under different forms, whether as a concrete consolidation, or an intensification of control and surveillance activities. Conversely, these borders may also be challenged by separatist and other resistance movements, as the most recent examples of Catalonia and Kurdistan demonstrate. What is new is the fact that these transformations have granted border a new function of “sorting out fluxes”, through “differentiated treatments” [Amilhat-Szary, 2015].

Whether these borders are challenged, violated, transcended, consolidated, or integrated, they remain necessarily at the heart of the political debate. This symposium – which is the first of a series entitled “Borders, spaces, and power(s)” – will focus on a specific geographic area: the Americas. Because the Americas were colonized by European powers, they all share the specificity of having been shaped in order to “organize” the New World [Podescu, 2011, 8]. To be more precise, they combine in a surprising way two forms of territorial appropriation: one that derives from a logic of zonal colonizing conquest (frontier), the other from a desire of worldwide networking in a Western perspective of space (boundary) [Perrier Bruslé, 2007]. They convey an exogenous dimension, which can have implications for the different spaces and communities that are being crossed by these borders, whether it be in terms of legitimacy or identity. Beyond their colonial past, the Americas have shared another common point since the 1990s: as part of the globalization process, they have set up trade agreements like NAFTA (the North American Free Trade Agreement) in North America or Mercosur in South America, in order to foster better regional integration. These agreements have put forward a particular vision of the border concept, a border which appears more as a “resource” than a “stigma” [Amilhat-Szary, 2015, 85]. At a local level, people involved have a different point of view about the possibility to enhance the peripheral territories where they live and develop innovative para-diplomatic initiatives. On the American continent, where some regions were hit by recurring border conflicts in the 19th century, and where some borders are still contested today (especially in Central America), integration has been a “factor of stabilization” [Medina, 2009, 41] without erasing internal geopolitical tensions which sometimes go beyond the border, endangering the continental stability.

Nevertheless, the 9/11 attacks – and international terrorism overall, which had existed in Latin America since the Buenos Aires attacks in the 1880s – have redefined the role of borders, contributing to their “refunctionalization”. The resurgence of a Fortress America [Alden, 2008], [Andreas, 2003], [Noble, 2004] has been extensively documented regarding the United States, but the phenomenon of “rebordering” also concerns Latin American borders, yet in a more ambivalent way, since they are caught in a contradictory process of “dismantling and construction” [Machado, De Oliveira, 2009, 19]. As some countries have responded to terrorism by closing their borders, others, especially in Central America, have taken a different path toward opening borders [Medina, 2009, 138]. In this region, one observes an uncommon policy which reinterprets the accepted trends in terms of regulation of borders. For instance, one can think of the unprecedented development of security devices on the Brazilian borders, without questioning the growth of international exchanges, whether they be legal or illegal (smuggling, narco-trafficking…) [Dorfman, 2014], [Dorfman et al, 2017].

This issue of IdeAs will focus on the two apparently antithetical phenomena of integration and border security, particularly through their impact on migrations.

  • Papers can deal with the policies that have been put in place since 2001, especially with regards to the phenomenon of rebordering which is at stake on a global level. How do countries manage their border to address this new context? Submissions can concentrate both on the mechanisms themselves and on their implications for cross-border relations. Case studies and comparative approaches will be particularly welcomed, especially when they try to go beyond regional syntheses and bridge the gap between the two Americas … [Brunet-Jailly, 2007], [Konrad et al, 2008].
  • Submissions can also analyze how American borders evolve, from an opening process to a closing one, “functionalizing and dysfunctionalizing” [Foucher, 1991], [Pradeau, 1994, 16-17] in order to study these dynamics both on a small scale and a large scale. Historical approaches, which renew the question of territorialized border conflict and multiply the reading scales, demonstrating efforts to make national and contradictory nationalist narratives evolve, will also be appreciated [Parodi Revoredo et al, 2014].
  • Papers can also explore the issue of continental integration within NAFTA and MERCOSUR, but also at the level of both Americas (UNASUR). How can we evaluate these regional blocs which presented themselves as models in the 1990s? How do the member countries perceive their relations along the borders in this context? How do integration and rebordering coexist for that matter? What are the resistance movements against these processes, how do they express themselves politically and at which levels?
  • A cross-examination of border crossing and an evaluation of their growing human costs will also be welcomed [De Leon et al, 2015]. The goal will be to understand intracontinental fluxes, which are linked with working mobility, but also how the Americas integrate their migratory strategies with an increasing number of people who try to reach North America from Africa, crossing the Atlantic Ocean, using the same slave itineraries, before embarking on longer and more dangerous paths toward the North [Tapia Ladino, 2014].
  • Papers dealing with the Canada/US border and with borders in South America will be given the priority as well as papers about border processes and economic issues.

Like the "Borders in the Americas" conference, this issue of IdéAs is intended to be both transdisciplinary and cross-disciplinary, drawing on geography, history, political science, international relations, sociology, anthropology and addressing the Americas in their entirety. Authors are also encouraged to adopt multidisciplinary and comparative methodologies.

Deadline: September 15, 2020. The submission is to consist of a 300-word abstract of the paper; a 100-word biographical statement will also be included. submissions are to be sent at the following address: pierre-alexandre.beylier@univ-grenoble-alpes.fr

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Llamado a artículos – “Fronteras en las Américas”– Integración, seguridad y migraciones

Tras el colapso de la Unión Soviética, muchos analistas y expertos sostuvieron que el mundo había alcanzado el "fin de la historia" [Fukuyama, 1992] y que las organizaciones regionales y locales y los acuerdos de libre comercio (entre los cuales la Unión Europea parecía ser un modelo de integración) señalaban el surgimiento de un mundo sin fronteras. Sin embargo, treinta años después, la realidad parece ser completamente diferente. Hoy, está claro que "las fronteras han vuelto" [Amilhat Szary, 2006], [Foucher, 2016], [Ferguson, 2017]. Uno de los símbolos más reveladores es la multiplicación de los "muros fronterizos", cuyo número aumentó de quince en 1989 a más de sesenta en 2016 [Vallet, 2016]. Estos muros son la manifestación de una "transformación cualitativa" de las fronteras [Podescu, 2011] y los símbolos de un "fenómeno de refronterización" [Ibid, 3], [Van Houtoum, 2004]. Sin embargo, su retorno aparece bajo diferentes formas, ya sea como una consolidación concreta o como una intensificación de las actividades de control y vigilancia. Por el contrario, estas fronteras también pueden ser desafiadas por los movimientos separatistas y otros movimientos de resistencia, como lo demuestran los ejemplos más recientes de Cataluña y Kurdistán. Lo nuevo es el hecho de que estas transformaciones han otorgado a las fronteras una nueva función de "ordenar los flujos", a través de "tratamientos diferenciados" [Amilhat-Szary, 2015].

Ya sea si estas fronteras son desafiadas, violadas, trascendidas, consolidadas o integradas, permanecen necesariamente en el centro del debate político. Este simposio, que es el primero de una serie titulada "Fronteras, espacios y poder (es)", se centrará en un área geográfica específica: las Américas. Debido a que las Américas fueron colonizadas por las potencias europeas, todas comparten la especificidad de haber sido formadas para "organizar" el Nuevo Mundo [Podescu, 2011, 8]. Para ser más precisos, combinan de manera sorprendente dos formas de apropiación territorial: una que deriva de una lógica de conquista colonizadora zonal (frontera), y la otra de un deseo de trabajo en red mundial en una perspectiva occidental del espacio (límite) [Perrier Bruslé, 2007]. Transmiten una dimensión exógena, que puede tener implicaciones para los diferentes espacios y comunidades que atraviesan estas fronteras, ya sea en términos de legitimidad o identidad. Más allá de su pasado colonial, las Américas han compartido otro punto común desde la década de los noventas: como parte del proceso de globalización, han establecido acuerdos comerciales como el TLCAN (Tratado de Libre Comercio de América del Norte) en América del Norte o el Mercosur en América del Sur, con el fin fomentar una mejor integración regional. Estos acuerdos han presentado una visión particular del concepto de frontera, una frontera que aparece más como un "recurso" que como un "estigma" [Amilhat-Szary, 2015, 85]. A nivel local, las personas involucradas tienen un punto de vista diferente sobre la posibilidad de mejorar los territorios periféricos donde viven y desarrollar iniciativas para-diplomáticas innovadoras. En el continente americano, donde algunas regiones fueron afectadas por conflictos fronterizos recurrentes en el siglo XIX, y donde algunas fronteras todavía se disputan hoy (especialmente en América Central), la integración ha sido un "factor de estabilización" [Medina, 2009, 41] sin borrar las tensiones geopolíticas internas que a veces van más allá de la frontera, poniendo en peligro la estabilidad continental.

No obstante, los ataques del 11 de septiembre -y el terrorismo internacional en general, que había existido en América Latina desde los ataques de Buenos Aires en la década de 1880- han redefinido el papel de las fronteras, contribuyendo a su "refuncionalización". El resurgimiento de Fortress America [Alden, 2008], [Andreas, 2003], [Noble, 2004] ha sido extensamente documentado con respecto a los Estados Unidos, pero el fenómeno del "refronterización" también afecta a las fronteras de América Latina, aunque de una manera más ambivalente, ya que están atrapados en un proceso contradictorio de "desmantelamiento y construcción" [Machado de Oliveira, 2009, 19]. Mientras algunos países han respondido al terrorismo cerrando sus fronteras, otros, especialmente en América Central, han tomado un camino diferente hacia la apertura de las fronteras [Medina, 2009, 138]. En esta región, se observa una política poco común que reinterpreta las tendencias aceptadas en términos de regulación de fronteras. Por ejemplo, uno puede pensar en el desarrollo sin precedentes de dispositivos de seguridad en las fronteras brasileñas, sin cuestionar el crecimiento de los intercambios internacionales, ya sean legales o ilegales (contrabando, narcotráfico ...) [Dorfman, 2014], [Dorfman et al., 2017].

Este número de IdeAs desea centrarse en los dos fenómenos aparentemente antitéticos de la integración y la seguridad fronteriza, en particular por sus repercusiones en la migración.

  • Los artículos pueden tratar las políticas que se han implementado desde 2001, especialmente con respecto al fenómeno de refronterización que está en juego a nivel mundial. ¿Cómo manejan los países su frontera para abordar este nuevo contexto? Las presentaciones pueden concentrarse tanto en los mecanismos mismos como en sus implicaciones para las relaciones transfronterizas. Los estudios de casos y los enfoques comparativos serán particularmente bienvenidos, especialmente cuando intentan ir más allá de las síntesis regionales y cerrar la brecha entre las dos Américas... [Brunet-Jailly, 2007], [Konrad et al, 2008].
  • Las presentaciones también pueden analizar cómo evolucionan las fronteras americanas, desde un proceso de apertura a uno de cierre, "funcionalización y disfuncionalización" [Foucher, 1991], [Pradeau, 1994, 16-17] con el fin de estudiar estas dinámicas tanto a pequeña como una gran escala. Se apreciarán también enfoques históricos que renueven la cuestión del conflicto fronterizo territorializado y multipliquen las escalas de lectura, demostrando esfuerzos para hacer evolucionar las narrativas nacionales y contradictorias de los nacionalistas [Parodi Revoredo et al, 2014].
  • Los participantes también pueden explorar el tema de la integración continental dentro del TLCAN y el MERCOSUR, pero también a nivel de ambas Américas (UNASUR). ¿Cómo podemos evaluar estos bloques regionales que se presentaron como modelos en la década de 1990? ¿Cómo perciben los países miembros sus relaciones a lo largo de las fronteras en este contexto? ¿Cómo coexisten la integración y el rebordeado? ¿Cuáles son los movimientos de resistencia contra estos procesos, cómo se expresan políticamente y en qué niveles?
  • También será bienvenido a un examen cruzado del cruce fronterizo y una evaluación de sus crecientes costos humanos [De Leon et al, 2015]. El objetivo será comprender los flujos intracontinentales, que están relacionados con la movilidad laboral, pero también cómo las Américas integran sus estrategias migratorias con un número creciente de personas que intentan llegar a América del Norte desde África, cruzando el Océano Atlántico, utilizando los mismos itinerarios esclavistas, antes de embarcarse en caminos más largos y peligrosos hacia el Norte [Tapia Ladino, 2014].
  • Se dará prioridad a los documentos relativos a la frontera entre el Canadá y los Estados Unidos y a las fronteras de América del Sur, así como a los documentos sobre los procesos fronterizos y las cuestiones económicas.

Al igual que el coloquio "Fronteras en las Américas", este número de IdéAs pretende ser a la vez transdisciplinario y transversal, recurriendo a la geografía, la historia, las ciencias políticas, las relaciones internacionales, la sociología, la antropología y enfocando las Américas en su totalidad. También se alienta a los autores a que adopten metodologías multidisciplinarias y comparativas.

Presentación de resúmenes antes del 15 de septiembre de 2020: La propuesta consistirá en un resúmen de 300 palabras del artículo; también se incluirá una biografía de 100 palabras. Las solicitudes deben enviarse a la siguiente dirección: pierre-alexandre.beylier@univ-grenoble-alpes.fr

Références/References/Referencias

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Dernière mise à jour le 10/07/2020 - 12:22