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Après une expérience de violence ou d’insécurité, comment constituer une mémoire et la transmettre ? Rencontre autour de la Semaine d’Amérique Latine et des Caraïbes à México

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Dans le cadre de la Semaine d’Amérique Latine et des Caraïbes, un événement intitulé « Memorias y transmisiones » s’est tenu du 4 au 5 juin au musée Memoria y Tolerancia de la ville de México. Cette rencontre fut l’occasion d’une réflexion sur deux axes. D’une part, sur les pulsions narratives des acteurs face à une actualité en train de se faire : en écho à la programmation de l’événement qui aborde à la fois une situation migratoire et de transition sociopolitique, il s’agissait de s’interroger sur la volonté/nécessité de raconter au coeur de contextes incertains, de former une mémoire et de la transmettre. D’autre part, sur le support même de transmission. Les deux supports présentés pendant ces journées semblaient opposés tout en étant complémentaires : d’un côté le travail textuel, autour d’un livre, et d’autre part le travail visuel autour de deux films documentaires. Comme l’ont souligné les échanges, les supports de restitution et de transmission ne sont pas neutres mais ils génèrent des appropriations diverses.

 

Affiche de l’événement Memorias y Transmisiones

La première journée était dédiée aux expériences migratoires en Haïti, au Mexique et en Amérique Centrale, avec la présentation du livre Sobrevivientes, ciudadanos del mundo de l’écrivain et migrant haïtien Pascal Ustin Dubuisson qui raconte son expérience migratoire d’Haiti, au Brésil et jusqu’à Tijuana, commenté par le géographe Laurent Faret (CESSMA – Paris 7 – IRD – Ciesas) et l’anthropologue Gabriela Iturralde (INAH). La même journée, le documentaire Down The Line de Michelle Salord fut projeté, fruit d’un croisement entre recherche anthropologique et création cinématographique. Ce documentaire propose une approche sensible sur la relation au temps, à l’espace et à la mémoire qu’entretiennent certains migrants centraméricains lorsqu’ils doivent arrêter leur voyage et entrer dans un processus d’immobilisation. Cette projection s’est faite en présence d’une migrante salvadorienne, protagoniste du documentaire, avec les commentaires de Leticia Calderón Chelius de l’Instituto Mora.

Enfin, lors de la deuxième journée s’est tenue l’avant-première du documentaire Nos Queda Cuba du photojournaliste mexicain Heriberto Paredes et de la journaliste espagnole Sonia Hakansson. Dans le documentaire, les personnages rencontrés nous laissent entrevoir les subjectivités, les peurs, les espoirs de chacun, questionnant les mémoires collectives et individuelles, tout en se demandant que nous reste-t-il de Cuba, et que reste-t-il à construire ? La projection s’est clôturée par un débat animé par Heriberto Paredes et par une des protagonistes du documentaire.

Heriberto Paredes, Pascal Ustin Dubuisson, Laurent Faret et Gabriela Iturralde pendant le débat qui a suivi la présentation du livre Sobrevivientes, ciudadanos del mundo 

Dernière mise à jour le 10/07/2019 - 18:08