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Retours à l'Apocalypse

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15/09/2021

14-18 septembre 2021

Retours à l'apocalypse

Héritage et hypertextualité dans les Mondes romans du Moyen Âge à nos jours

https://apocalypse2021.univ-lille.fr/

 

Programme complet en pièce jointe

 

Depuis la prise de conscience de la capacité de l’homme à causer sa propre fin, face à l’équilibre de la terreur établi par la guerre froide, jusqu’à l’essor actuel de la collapsologie et sa diffusion auprès du grand public, la notion d’apocalypse est devenue récurrente dans de nombreux discours et se trouve appliquée à de multiples domaines : apocalypse nucléaire, apocalypse écologique, apocalypse économique ou apocalypse politique, le terme semble pouvoir catalyser toutes les inquiétudes et hantises de l’humanité face à la possibilité de son anéantissement. Si le lien de filiation conceptuelle entre ce que Malcolm Bull a désigné comme une pensée apocalyptique «séculière et populaire» et la tradition eschatologique «religieuse et savante» prête à débat, le vocabulaire et les références culturelles employés par la première proviennent sans nul doute de la seconde.

À l’heure où l’horloge de l’apocalypse ne marque que deux petites minutes avant un minuit fatidique, l’intérêt présent pour cette notion ne peut être qu’évident. Toutefois, l’utilisation indiscriminée du terme, son application immédiate à toutes sortes de contextes et l’oubli des références culturelles et religieuses qui lui sont liées induisent inévitablement un appauvrissement conceptuel de l’idée d’apocalypse, qui risque finalement de la vider de toute substance et, par conséquent, d’affaiblir son pouvoir de conviction face aux menaces qui pèsent sur le monde. C’est donc dans le but de contrer le danger de l’amplitude conceptuelle prise aujourd’hui par le terme et ses innombrables emplois métaphoriques et dans celui d’interroger les multiples contresens commis à propos de la notion même d’apocalypse que nous proposons de revenir à la base textuelle de cette notion, afin d’en étudier l’héritage historique, esthétique et rhétorique du Moyen Âge à nos jours dans les aires de langues romanes.

Transcrit du grec ἀποκάλυψις, le terme renvoie initialement à l’idée de «dévoilement» ou de «révélation», mais, premier mot de l’Apocalypse de Jean – dernier livre du canon biblique chrétien –, il donne également son nom à la forme littéraire des écrits apocalyptiques, qui, dans les traditions juive et chrétienne, se présentent comme des révélations divines portant sur les mystères divins, sur l’avenir plus ou moins lointain de l’humanité et, en particulier, mais non exclusivement, sur son devenir eschatologique, la fin dernière de l’homme et celle du monde s’y trouvant généralement intimement mêlées. Parmi les textes apocalyptiques, certains n’ont été retenus ni au sein des Écritures juives (ainsi divers écrits intertestamentaires, comme le Livre d’Hénoch, le quatrième Esdras ou les Apocalypses grecque et syriaque de Baruch) ni au sein de la Bible chrétienne (telles les deux Apocalypses apocryphes des apôtres Pierre et Paul). Mais le genre apocalyptique a bien sûr laissé son empreinte dans la Bible, à la fois dans l’Ancien Testament (certains éléments du Livre d’Ézéchiel, des passages du Livre de Zacharie et, plus spécifiquement, le Livre de Daniel) et dans le Nouveau Testament (l’«apocalypse synoptique» des trois premiers évangiles, et surtout l’Apocalypse de Jean, souvent considérée comme le couronnement du genre, bien qu’elle n’ait pas toujours été incluse dans le canon biblique).

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Apoya al IdA
Dernière mise à jour le 07/09/2021 - 14:01