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Retour sur : Surrealist Colonialism/Surrealists as Field Collectors : Visits to the Northwest Coast and the Southwest

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Pôle Californie - Andrew Meyer

Retour sur l’évènement : La conférence du 02 novembre 2017 de Marie Mauzé à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) intitulée « Surrealist Colonialism/Surrealists as Field Collectors : Visits to the Northwest Coast and the Southwest »

Marie Mauzé, directrice de recherche au CNRS et professeure d’ethnologie à l’EHESS s’est déplacée à Los Angeles la semaine dernière afin de donner une conférence fascinante à la bibliothèque d’UCLA. Lors de son intervention, elle a abordé le sujet délicat du « colonialisme surréaliste » d’une manière équilibrée et engageante.

Mme Mauzé a réussi à présenter la frontière fine entre l’appréciation et le détournement des objets amérindiens collectés par André Breton, Kurt Seligmann et Wolfgang Paalen. Tandis que ces surréalistes ont promu les objets anciennement « ethnographiques » au statut d’ « art » en Europe, les pièces ont été parfois obtenues dans les circonstances asymétriques dans leurs villages de provenance. Par exemple en 1938, afin d’acquérir le « totem le plus grand d’Europe » (18m) pour le Musée de l’Homme à Paris, le peintre suisse Kurt Seligmann a dû faire un mariage symbolique à une femme défunte et payé une somme de 100 $ aux membres d’un clan de la tribu Gitxsan en Colombie-Britannique. Pour ces derniers, le totem était considéré comme sacré et puissant. De fait, le lendemain de la vente, un membre du clan a été tué par un ours brun : l’animal totem du clan. 

Le public a posé plusieurs questions à Marie Mauzé à la suite de son exposé. En dehors de l’équipe d’organisation de la conférence, une quinzaine de personnes y ont assisté, y compris deux doctorants, deux anciens étudiants, deux artistes locales, l’éminent professeur en histoire et en Chicano Studies à UCLA Juan Gómez-Quiñones, ainsi que l’anthropologue-historienne de l’Université de Michigan à Ann Arbor, Ruken Sengul.

L’évènement a été co-sponsorisé par le Latin American Institute (LAI) à UCLA. Le référent local de l’IdA Kevin Terraciano et la secrétaire du LAI Jennifer Laínez ont offert beaucoup d’aide et de soutien pour faciliter la visite de la professeure française. 

 

Dernière mise à jour le 13/11/2017 - 11:07