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Crimes et Criminels dans le monde anglophone aux XVIIe et XVIIIe siècles

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Crimes et criminels dans le monde anglophone aux XVIIe-XVIIIe siècles

18 et 19 janvier 2019

Lieu : Université Panthéon-Assas, Centre Panthéon, Salle des Conseils, 12 Place du Panthéon, 75231 Paris cedex 05

Criminelle de haut vol exilée en Virginie, le personnage de Moll Flanders incarne les figures mythiques des criminels façonnées à la fois par la littérature des dix-septième et dix-huitième siècles, mais aussi par la presse de cette période. L’univers des criminels, leur profil, leurs relations avec la presse de l’époque ont fait l’objet de nombreuses études qui ont tenté, au travers d’un travail d’archives, de saisir la réalité des hors-la-loi, des condamnés, réalité souvent exagérée et déformée par des dramaturges tels que John Gay qui immortalise le criminel Jonathan Wild dans The Beggar’s Opera(1728), par les romans à sensations (par exemple, Captain Alexander Smith’s History of the Lives of the Most Noted Highway-men, Foot-pads, House-Breakers, Shoplifters and Cheats, 1714) ou encore par certains journalistes complices de ces fameux criminels. Certains historiens ont récemment étudié la réalité de la déportation des criminels anglais, écossais et irlandais dans les colonies tels que G. Morgan et P. Rushton (Eighteenth-Century Criminal Transportation, Palgrave, Macmillan, 2003), Gwenda Morgan et Peter Rushton (Banishment in the Early Atlantic World. Convicts, Rebells and Slaves, Bloomsbury, 2013) ou encore Elodie Peyrol-Kleiber (Les premiers irlandais du Nouveau Monde: une migration atlantique (1618-1705), 2016), sans oublier les travaux de Roger Ekirch (Bound for America. The Transportation of British Convicts to the Colonies, 1718-1775, 1987)

A la croisée de l’histoire sociale, juridique, de l’histoire coloniale, des études littéraires et visuelles, ce colloque international a pour but de réfléchir à la construction mythique, voire fantasmée, de la figure du criminel, véhiculée à la fois par les genres littéraires (la tragédie domestique du XVIIe siècle, le roman du XVIIIe siècle, par exemple), la presse, les gravures, les récits de voyage, la correspondance des colons et des administrateurs, les représentations picturales ou encore les comptes rendus de procès qui ne sont pas toujours fiables à cette époque. Le travail d’archive pourrait également éclairer la réalité des activités criminelles, mais aussi les rouages des systèmes juridiques anglais et ceux des colonies.

 

Dernière mise à jour le 10/01/2019 - 15:17